Regardez par la
fenêtre et imaginez que vous prenez une photo. Vous aurez
certainement un ciel très lumineux et des bâtiments plus
sombre que vous voyez très bien à l'oeil nu. Au moment de
prendre la photo par contre, il va falloir faire un choix : soit on
garde les détails du ciel et les bâtiments sont
bouchés, soit on surexpose et on gagne des détails sur
les bâtiments, au dépend du ciel.
Eh bien, le HDR permet de ne pas faire ce choix et
de garder les détails sur les deux zones tel que vous le voyez
à l'oeil nu.
Passons au côté technique maintenant.
Une image "normale" est composée de pixels codés sur 24
bits. C'est à dire que chaque pixel est défini par trois
canaux Rouge Vert et Bleu codés sur 8 bits (3x 8 bi-ts = 24
bits). Ainsi chaque valeur d'un canal peut prendre 256 valeurs
différentes: il peut donc y avoir dans l'image finale
256x256x256 = 16777216 couleurs différentes. C'est
déjà pas mal, mais insuffisant pour avoir une
sensibilité comparable avec celle de l'oeil humain.
Une image HDR reprend elle aussi ce principe de
canaux RVB, mais code chaque canal sur 32 bits. L' image finale est
donc en 96 bits par pixel (32x3). Cela décuple
les possibilités et rend l'image beaucoup plus fine dans
les détails. Ainsi chaque valeur d'un canal prend une
valeur parmi 4 294 967 296 possibles, au lieu de "seulement" 256. Et
quand à l'image finale, on peut donc avoir un grand nombre de
couleurs différentes : 79 228 162 514 264 337 593 543 950 336
couleurs différentes (ouf!). On comprend donc assez vite qu' une
image HDR peut proposer plus de finesse dans les détails. Cela
dit, il existe d'autres formats d' images HDR qui sont codés sur
16 bits par canal.
Au niveau de l'histogramme, celà se traduit
par un élargissement de celui-ci. Si vous ne savez pas vraiment
ce qu'est l'histogramme, je vous renvoie vers le tuto que j'avait déjà écrit (pub!).
Si dans une image 24 bits on a un histogramme qui
comprend des valeurs sur 256 colonnes, une histogramme d'une image HDR (96 bits)
l'aura sur 4 294 967 296 colonnes. Les zones en rouge
marquent les endroits où les pixels sont cramés ou
bouchés, selon qu'ils soient respectivement à droite ou
à gauche.
Histogramme d'une image HDR
Histogramme d'une image LDR (pas HDR)
Alors que le HDR
permet d'enregistrer tous les détails d'une scène
contrastée, le non-HDR (ou LDR, Low Dynamic Range) ne le permet
pas. On doit donc faire un choix selon ce que l'on veut
représenter. Ici, la zone blanche correspond à la gamme dynamique.
Voici les photos qui correspondent aux histogrammes.
Alors que le LDR ne rend pas bien le ciel, le HDR conserve tous les
détails, que ce soit de la pelouse ou du ciel. Bon, les
contrastes sont pas folichons, mais ça on l'arrangera avec le
logiciel.
Image LDR
Image HDR
En résumé
Le HDR permet de garder tous les
détails d'une scène contrastée sans devoir faire
de compromis sur ceux que l'on veut garder ou non. Passons alors
à la prise de photos.