Traitement par zones en 16 bits, avec Gimp et Ufraw

 

Si vous utilisez Gimp depuis un certain temps, vous avez sûrement entendu les reproches sur le fait qu’il ne supporte pas les images en mode 16 bits, et se contente des 8 bits/canal (je pars du principe que vous connaissez la différence). Tomás Senabre a trouvé une solution originale pour pallier à ce défaut, qui va révolutionner ma manière de traiter mes photos, et j’ espère la vôtre aussi. Vous aurez besoin des logiciels suivants : Gimp (sans blague) et Ufraw. Ce dernier est facilement installable sous Linux car souvent contenu dans les dépôts officiels (sous Debian/Ubuntu, paquet gimp-ufraw), pour les autres systèmes, je vous renvoie au site de Ufraw.

Ce tutoriel est une traduction depuis l’espagnol de celui-ci de Tomas Senabre, sous licence Creative Commons BY. Vous êtes libres de modifier et redistribuer ce tutoriel, en citant l’auteur original. Je vous conseille fortement de lire ses articles si vous êtes un photographe un (tout) petit peu averti, ils sont vraiment complets et ne s’arrêtent pas aux techniques de base : http://tomy.fotolibre.net/

Cette traduction m’a pris un bout de temps, et je suis sûr qu’elle comporte encore des erreurs et des fautes. Si vous voyez quelque erreur qui m’aurait échappé, je vous invite à me contacter ou laisser un commentaire sur le site. Merci !

Voilà c’est tout, éteignez votre portable et les lumières, et bonne lecture ;)

Si tu es un professionnel, ou que tu recherches une qualité maximale pour tes photos, et que en plus tu veux le faire avec des logiciels libres, je te propose dans ce tutoriel d’utiliser une chaîne de production (NdT: workflow) pour le traitement par zones qui te permettra de profiter de la profondeur de couleurs 16 bits avec Gimp, un des manques les plus polémiques que les photographes professionnels et experts reprochent aux développeurs de Gimp. Si tu es prêt, prends une grande bouffée d’air frais et prépare-toi parce que j’ai eu besoin de plus de trente images et un gros pavé de texte pour expliquer tout ça.

Je dédie cette article a Ana, pour l’amour qu’elle me donne…

Je lui dédie pour la patience qu’elle a devant mon obsession pour la photographie et les logiciels libres.

1. Introduction

1.1.- Gimp vs Photoshop

Après plusieurs mois de recherche et d’apprentissage de différents logiciels libres de retouche d’images numériques en 16 bits, format qui me permet d’avoir une qualité maximale en photo, je n’ai trouvé aucune alternative et je me suis rabattu sur Gimp, me résignant ainsi à ne pas pouvoir profiter des 16 bits que m’offrent les fichiers RAW de mon appareil photo. Sur les forums et les sites web, je n’ai fait que rencontrer des commentaires de professionnels et utilisateurs qui refusaient Gimp à cause de ce manque de support de la profondeurs 16 bits. Avec cette méthode je ne prétend pas relancer le stupide et stérile débat de « tel programme est mieux que celui-là« . Bien sûr que Photoshop est à un niveau de développement bien plus avancé que Gimp, il faut s’enlever les oeillères… Si ce n’était pas le cas, il faudrait aller tirer les oreilles à la monstrueuse équipe de développement de chez Adobe; ils sont beaucoup , mais ils vendent aussi bien cher ce qu’ils font. Le problème est juste que ma manière de concevoir l’informatique ne rentre pas dans les règles d’utilisation de la licence qui accompagne ce programme, mais il va de soi que c’en est un de qualité, je ne le nie pas. Je ne l’ai jamais utilisé mais je le connais très bien, parce que tous les livres que je possède sur la photographie numérique portent sur celui-ci. Et même plus, j’admets que j’ai certaines limites avec la retouche de mes images et ce tuto n’est que le fruit de mes réflexions pour combattre ces limites. En l’état actuel de Gimp, j’ai plus de mal à avoir de meilleurs résultats, mais les petites astuces je trouve me comblent de satisfaction….

1.2- Ressources du système

On rencontre ici un premier problème : Gimp réalise toutes les modifications que l’on fait sur la photographie en entier. Ceci ralentit énormément la retouche, surtout si l’on souhaite ajuster pas mal de zones de l’image. A chaque ajustement on duplique les calques, et ce n’est pas du tout la même chose de calculer le résultat de la fusion de 13 calques d’une image de 1024×768 pixels que d’une de 2624×1966 pixels (5 Mpix). L’idéal serait que le programme fonctionne visuellement sur une image plus petite et que les changements se fassent a posteriori sur l’image originale, espérons qu’avec le temps une solution soit trouvée. En tout cas, on aura soit besoin d’une bonne machine, soit d’une cafetière pour s’occuper en attendant.

Tout ça peut paraitre évident pour la plupart des lecteurs, mais il faut savoir que l’avantage de Gimp est qu’il peut fonctionner aussi bien sur un Pentium 486 avec 8 Mo de RAM que sur un modèle dernier cri. Cependant, on aura surtout besoin de beaucoup de mémoire vive (RAM) plutôt qu’un processeur puissant. J’utilise un AMD K7 avec 1 go de RAM et j’atteins souvent les limites de ma configuration. La preuve, j’ai eu des problèmes de surchauffe du processeur depuis que j’utilise ce système, bien que le petit courant d’air chaud sur les pieds soit bien agréable en hiver.

1.3- Compétences requises

Dans ce manuel, on supposera que le lecteur est un photographe qui prend et expose ses photos du mieux qu’il sait (mais il pense toujours qu’il aurait pû faire mieux), qu’il a des bases comme savoir ce qu’est un calque, un masque de calque, les canaux, le mode de fusion, l’opacité, le masque rapide, qu’il sait ce qu’est un fichier RAW, qu’il sait le révéler avec Ufraw, qu’il sait manipuler les outils de base comme le flou gaussien, le pinceau, l’outil clone, qu’il comprend l’histogramme, qu’il utilise les outils Niveaux et Courbes et enfin les outils de sélection. Sinon, je t’ai laissé un petit paquet de liens qui ne font pas de mal et qui peuvent aider.

Ah oui, et tu auras aussi besoin de patience et de quelques cafés.

2- Retouche numérique par zones

2.1- Perte du naturel, ou la retouche numérique

Il y a beaucoup de gens qui pensent que la retouche photo est une « dénaturalisation de l’image », et c’est en quelque sorte logique, du fait que la plupart d’entre nous venons de la photo argentique, où l’on révèle ses photos au labo commercial, et où peu de retouches pouvaient se faire sans être initié à la chambre noire chimique.

Il n’y a pas de pire dénaturalisation d’une image que le simple fait de photographier une scène (que ce soit avec un capteur ou une pellicule). Je m’explique. Une image est tridimensionnelle, une photo non, l’angle de vision de l’œil est de presque 180° (hauteur et largeur), celui d’un appareil est quant à lui très limité. De plus, l’œil est capable de s’adapter aux différences de luminosité entre les différentes zones l’image, ce que ne sait pas faire un appareil photo. Une image telle qu’on la voit à l’œil nu est ainsi impossible à reproduire avec un quelconque moyen technologique de capture (photo, cinéma, 3D, …). On pourrait même aller encore plus loin en disant que l’histoire de l’art est remplie de gens qui avaient de sérieux problèmes de perception de la réalité (d’origine biologique dû aux psychotropes) et qui ont réussi à « plaquer » leurs sensations sur leurs merveilleuses œuvres d’art, en exprimant ainsi leur vision dans sa totalité.

La photographie naturelle est celle que nous voyons dans notre tête, et reste très difficile à photographier uniquement avec un appareil photo. Il est donc nécessaire de traiter l’image ensuite pour essayer de la rapprocher de la scène que l’on a apprécié. Bien que dans certains cas le résultat de l’appareil soit suffisant, cela reste rare, et c’est en général seulement quand on recherche un instantané, une preuve que l’évènement s’est bien passé. Mais quand on veut exprimer ce que l’on ressent à travers une photographie, il faut aller plus loin, on a besoin de la modifier pour qu’elle se rapproche de notre idée. Et c’est ce qui a été fait pendant des siècles en peinture, avant la chambre noire et maintenant la retouche numérique.

Nous sommes même des créatures dotées de cette merveilleuse capacité d’abstraction, qui nous permet de voir la photo d’un autre auteur et de nous construire mentalement notre propre interprétation de la scène, de la vivre et de la sentir, n’est-ce pas incroyable ?

2.2- Gamme dynamique entre une image 8 bits et 16 bits

Depuis assez peu de temps dans la communauté des photographes, il s’est produit deux révolutions qui ont eu un succès médiatique comparable à celui de Orson Welles durant la nuit de Halloween 1938, quand il provoqua un effondrement social, en imitant pendant son programme de radio l’invasion martienne de la Terre (La Guerre des Mondes). Je ne veux pas entrer dans la polémique des mégapixels et des bits, mais il faut savoir que la majorité des textes qui démontrent l’utilité des 16 bits en images numériques se perdent dans une mer de formules et de nombres, mais ce sont finalement ces nombres qui donnent du sens aux choses. Le problème est que j’ai encore des amis qui sauvegardent leurs images en 16 bits pour ne plus jamais les retoucher, et d’autres qui ont des images de 10 Mpixels pour imprimer un seul tirage en 10×15, ou même pire, pour la regarder sur l’ordinateur. Je répète : Il faut s’enlever les oeillères… On peut tout à fait avoir des photos de super qualité avec des appareils de peu de Mpixels, ce que l’on ne peut pas faire, c’est agrandir ces images à volonté.

Et pour revenir au sujet, il n’y a pas de différence perceptible entre une image enregistrée en 8 ou 16 bits, à moins que l’on veuille la retoucher et faire des changements de couleur, niveaux, etc… Et même ainsi, si l’édition n’est pas trop importante, en faisant attention et en sachant ce que l’on fait, on peut avoir des images de qualité en 8 bits. Mais comme on nous propose une profondeur de couleur plus élevée, on peut se permettre plus de retouches de notre image, et de meilleure qualité.

Je doit vous dire qu’on peut le faire avec GIMP et Ufraw, c’est facile, et en fait ça m’étonne que personne n’ai eu l’idée, enfin je n’ai jamais trouvé moi-même d’infos à ce sujet en tout cas.

Ce que je fais et que je vais décrire dans les points suivants pas à pas et en images est d’utiliser GIMP pour éditer ma photographie et Ufraw pour les ajustements des différentes zones. Gimp ne supporte pas encore les 16 bits que Ufraw pourrait lui offrir après avoir révélé une photo, mais on peut par contre refaire la révélation de la même image autant de fois que l’on veut, et charger les résultats comme des calques, associés à leur masque de calque qui convient à leur zone. C’est la même chose qu’éditer une image en 16 bits, car à chaque nouveau calque, je profite de toute l’information contenue dans mon fichier RAW, et en chargeant ces fichiers comme calques, on obtient le même résultat, encore qu’il peut paraitre un peut plus fastidieux. Mais tu verras, c’est plus simple qu’il n’y paraît, et puis si tu es arrivé jusqu’ici, avec tout ce que j’ai débité, c’est que tu veux améliorer tes résultats avec Gimp.

2.3- Le Workflow qu’on devrait avoir en photo numérique

Et je dis bien, qu’on devrait avoir, parce que on ne peut pas encore le faire complètement, bien que comme vous verrez on s’en approche assez bien. Voici la méthode à suivre étape par étape :

  • Pendant la prise de vue
    1. Pour profiter au maximum de la plage dynamique de notre appareil, il est conseillé de maitriser la technique d’exposition sur la droite de l’histogramme. Il va sans dire aussi que cela aidera pour avoir une composition correcte et une idée claire de ce que l’on veut communiquer sur notre œuvre finale.
  • Pendant la retouche
    1. Révéler notre fichier RAW comme décrit dans le tutoriel Chambre noire numérique I, Workflow avec Ufraw (NdT: article de l’auteur). On obtiendra une image ayant les points noirs et blancs de l’histogramme bien ajustés.
    2. Dans Ufraw, on devrait recadrer, tourner, corriger les déformations,etc… de l’image si on trouve cela nécessaire. Mais malheureusement on devra laisser cette étape pour plus tard, dû au fait que les développeurs de Ufraw n’ont pas encore implémenté ces fonctions (Ndt, c’est fait dans dernière version sur leur site). On ne pourrait pas non plus faire ces transformations au début du traitement avec Gimp, parce que dans ce cas là on chargerait un nouveau calque qui ne serait plus directement superposable, et ce serait un désastre. On laissera donc ce point pour la fin tant que ce n’est pas faisable avec Gimp ou Ufraw en 16 bits.
    3. Sélectionner la zone que l’on souhaite ajuster avec la technique qui convient le mieux à la zone choisie (par exemple avec l’outil lasso).
      • Si tu as besoin de rectifier la sélection : Le masque rapide (Shift+Q). Il faut peindre en noir ou blanc pour ajouter ou enlever de la sélection.
      • Pour adoucir la transition entre la zone ajustée y et l’image, on rend plus flou le masque rapide avec l’outil Flou gaussien.
      • Enlever le masque rapide (Shift+Q).
    4. Dupliquer le calque de fond pour faire les ajustements sur un calque différent.
    5. Ajouter à ce nouveau calque un masque de masque avec la sélection.
    6. Changer le mode de fusion du calque suivant l’ajustement que l’on veux faire :
      • Ajustement avec l’outil Courbes ou Niveaux :
        • Mode de fusion normal si la photo est en noir et blanc
        • Mode de fusion Valeur si c’est une photo en couleur (RGB)
      • Ajustement de couleur (balance des couleurs, Canal mixer…)
        • Mode de fusion Couleur
      • Ajustement de saturation :
        • Mode de fusion saturation
      • Ajustement de la teinte
        • Mode de fusion Teinte
    7. On baisse l’opacité du calque à 50%. On peut ainsi faire les ajustements a posteriori. Lorsque l’on aura fait le boulot, on pourra ainsi changer l’opacité des différents calques pour ajuster plus finement.
    8. On fait donc les ajustements que l’on veut avec l’outil choisi (niveaux, courbes…)
    9. On revient à l’étape 3 si il y a encore des zones à traiter.
    10. On ajuste l’échelle de l’image pour la laisser à la taille de l’impression en 300 ppp (la résolution dépend du labo photo)
    11. On ajoute de la netteté avec la technique dite du Smart Sharpening.

Les points 4, 5, 6 et 7 peuvent être simplifiés en utilisant un script-fu qui m’a donné un peu de fil à retordre mais qui au final fonctionne. Vous pouvez le télecharger à cette adresse, et en cas de problème, contactez-moi sur le forum de Fotolibre. Vous aurez simplement à le copier dans le répertoire /usr/share/gimp/2.0/scripts/ et lancez Gimp. Le répertoires qui contient les scripts peur variez d’une distribution à une autre (je ne parle même pas de « fenêtres XP », mais on peut trouver l’adresse du répertoire dans les préférences de Gimp -> Dossiers > Scripts).

2.4- Mise en pratique du traitement par zones (cliquez sur les images pour les agrandir)

2.4.1- Révéler avec Ufraw

On cherche à trouver les ajustements qui permettent d’avoir une image la plus proche de ce que l’on a vu, selon les étapes que j’ai décrite dans mon tutoriel Cuarto Oscuro Digital I. Le premier changement que je vois à faire à cette image est le ciel, je me souviens qu’au moment de prendre la photo c’était une journée d’Août où il pleuvait en Asturies. Le ciel était donc complètement couvert, mais comme il était midi il y avait beaucoup de lumière et le ciel a été beaucoup plus clair que ce qu’il n’était. Il faut donc que j’assombrisse le ciel pour lui donner plus de dramatisme et qu’il se rapproche de mon souvenir.



2.4.2- Masque du ciel avec Ufraw

Pour obscurcir le ciel, j’ai besoin d’un masque que j’utiliserai pour mon calque de réglage, sur laquelle le ciel sera blanc (ce qui ce verra) et la terre noire (ce qui sera transparent). On peut faire ceci de plusieurs manières mais les moins appropriés sont les outils comme la baguette magique et le lasso. Vu la quantité d’arbres, il y a de quoi perdre patience. J’ai crée mon masque de calque avec Ufraw pour avoir une image qui se rapproche d’un masque. J’ai ouvert de nouveau l’image RAW et en utilisant les options d’Ufraw, j’ai pu avoir une image qui ressemble à peu près à un masque de calque. Pour cela, j’ai enlevé la saturation et j’ai modifé la balance des blancs pour que le ciel ressorte (en général en « refroidissant » la balance des blancs), et enfin j’ai modifié fortement la courbe en tirant le point noir vers la droite de l’histogramme et le blanc vers la gauche (faute). On a ainsi une courve presque verticale avec très peu de tons moyens (mais il faut en laisser un peu quand même). Il faut faire ceci en faisant attention de ne pas perdre de détails dans les zones fines. Par exemple, ici, j’ai fais attention aux branches des arbres pour ne pas les perdre (les rendre transparentes), et pour cela il faut garder quelques tons moyens, mais ce n’est pas grave de toute façon, on verra comment corriger cela à la prochaine étape.

Maintenant que j’ai mon image dans Gimp, j’utiliserai l’outil Pinceau (P), en changeant le mode de fusion à Superposer et l’opacité à 20%, afin que les modifications ne soient pas trop dures.

On voit sur cette capture la baisse de l’opacité. J’ai choisi un niveau de zoom approprié pour ne pas perdre des détails et une brosse aussi appropriée pour ne pas passer ma journée en peignant. J’ai changé la couleur de premier plan pour du blanc, pour qu’en peignant, les tons moyens se transformeront en blanc (pour le ciel), et à l’inverse quand je choisi la couleur noire, les tons moyens se transforment en noir (pour les arbres et la terre).

De cette manière on peut peu à peu repasser le masque de calque et avoir au bout une image avec le ciel tout blanc (opaque) et la terre toute noire (transparent). On peut ainsi appliquer un réglage (courbe, niveaux) uniquementau ciel sans modifer le reste. Pour affiner notre masque de calque, on peut ajouter un petit flou gaussie, pas plus de 2, pour adoucir la changement entre la zone opaque et transparente. Mais on peut aussi faire ça quand on aura associé le calque à ce masque, et ainsi voir les résultats de ce flou de visu.

Pour charger notre nouveau masque, on sélectionne tout (Ctrl+A), on le copie (Ctrl+C) et on retourne à notre image de départ. On duplique le calque Background, on crée un nouveau masque de calque, on l’édite et on colle notre masque (Ctrl+V).

On baisse l’opacité du nouveau calque à 50%. Je fait ça pour que, après avoir fini d’ajuster toutes mes zones de l’image, j’aurais un calque pour chacune, et je pourrai modifier l’opacité de chacune, pour un effet plus ou moins prononcé, et donc un ajustement plus précis.

Changer le mode de fusion du calque à Valeur. C’est important, pour éviter que la saturation de l’image augmente à chaque modification, en laissant à la fin des couleurs complètement irréelles, qu’on ne peut pas re-corriger. Pour les images couleurs le calque est en mod Valeur, et pour les images monochromes, en mode Normal. Au final, on devrait avoir une pile de calque comme ça :

Ajustement « Extrème » des niveaux avec Gimp 8 bits

Nous allons voir dans cette étape la réelle importance de disposer de 16 bits pour la retouche de nos photo. Premièrement je ferais les ajustements avec Gimp, puis avec Ufraw, et on comparera le résultat. On sélectionne donc le nouveau calque (attention à bien désélectionner le masque de calque). On ouvre l’outil Niveaux et on obscurcit le ciel, pour avoir le dramatisme que j’ai déjà dit.Vous pouvez voir que la miniature du calque est bien plus obscure, parce que l’on a mis le calque à 50% d’opacité, et que le masque applique le réglage juste sur le ciel. On devra bien faire attention à cette étape, pour ne pas créer la sensation de couleurs irréelles, mais si on va trop loin de toute façon, on pourra quand même baiser l’opacité du calque.

Ajustement « extrème » des niveaux avec Ufraw 16 bits

Maintenant, on ajoute le petit ajout fait maison pour profiter des 16 bits (en fait 12 bits, mais Gimp fait seulement une interpolation vers 8 bits et non 16 bits comme Ufraw). Ce que l’on a besoin de faire, c’est ouvrir à nouveau la même image, mais cette fois comme un nouveau calque.

Ca revient à révéler à nouveau notre image, mais cette fois on le fait en nous focalisant sur le ciel, sans se préocupper du reste de l’image, et en exagérant le résultat : à la fin l’opacité du calque sera de 50% et donc l’effet diminué de moitié. Je force donc la courbe dans Ufraw pour obscurcir le ciel et lui donner un aspect tourmenté. Bon vous savez maintenant, il pleuvait, mais pas tant que ça.

Après avoir crée mon nouveau calque, j’ai besoin de lui appliquer le même masque qu’à la première. Je clique-droit sur le calque avec le masque, et je fait un Masque vers Sélection. Je sélectionne mon nouveau calque, et j’ ajoute mon nouveau masque depuis la sélection (voir le screenshot).

Au final, on doit avoir une pile de calque comme ceci (Rappel: Mode de fusion Valeur et opacité à 50%). Il faut aussi prendre en compte que je fait cela pour pouvoir comparer les résultats, dans un cas normal j’airait directement régler le calque avec Ufraw.

Comparaison des résultats entre Gimp et Ufraw

Dans les deux image suivantes, vous pouvez apprécier la différence, surtout si vous faites attention aux histogrammes des deux résultats.

  • Le premier calque d’ajustement « Extrème », réalisé avec Gimp en 8 bits, montre un histogramme très haché par le manque de tons moyens. Cet effet « paine » (qui signife peigne traduit depuis le panocho, langue originaire de Murcie) est dû au fait que l’on est resté avec une petite partie de l’information totale de l’image. En faisant un réglage extrème, on a pris une petite partie de l’histogramme, que l’on a étiré pour qu’il s’étende du point noir au pooint blanc, couvrant ainsi tout l’histogramme. En regardant de plus près l’image, on voit l’apparition de bruit caractéristique. Ceux (ou celles) qui font attention aux détails remarqueront que j’ai monté l’opacité à 100% pour voir mieux la différence entre les deux réglages

  • Le second calque d’ajustement, fait avec Ufraw, est de meilleure qualité, l’histogramme est complet et l’image résultante est donc considérablement meilleure. cela ne veut pas dire que l’on a une image à 16 bits, on continue à travailler en 8 bits, mais on agrandit la gamme dynamique de notre image. Le résultat est le même que si l’on travaillait avec une image 16 bits, la seule différence étant que l’on aura toute cette gamme en plusieurs images (calques) au lieu d’une.

2.4.3- Masque de luminosité

Bon, on a ajusté notre première zone, le ciel. Je vient de me rendre compte que mon image a des ombres très sombres (végétation) et des zones très lumineuses (le dos des chevaux). Ce n’est pas que ça me gêne, mais ça transmet de la dureté, et je suis sûr que la scène me transmettait plutôt de la tranquilité. Bien entendu, nos yeux super avancés seraient capables de s’adapter à cette situation et d’atténuer les grandes luminosités pour voir dans les ombres très sombres (rima ¡!). Cette fois, j’utiliserai la décomposition en couche LAB. Ce modèle de couleur se compose de trois couches : L (Luminosité), A et B (canaux de couleurs). On gardera la couche L qui détient les infos de luminosité.

Après avoir décomposé (Image>Mode>Décomposer…) on a une image composée de trois calques, dont deux que l’on peux supprimer : A et B. Sur l’image en noir et blanc que l’on a alors, on modifie les niveaux pour accentuer la différence entre les lumières et les ombres en évitant que l’ajustement se fasse excessivement sur les tons moyens.

Ensuite, on appliquera un flou gaussien à notre masque de calque pour adoucir la transition entre les zones transparentes et opaques. On peut aussi laisser cette étape quand le masque est associé au calque, pour plus de précision sur le résultat, mais je me répète. Par exemple pour l’exemple j’ai exagéré avec le flou gaussien, et on a alors une auréole autour des bordures de la végétation, que l’on doit ensuite corriger.

On a presque notre masqsue de calque maintenant, on a juste besoin d’inverser la valeur (les couleur pour un noir et blanc) et la convertir ainsi en négatif pour que les lumières soient transparentes et les ombres opaques. Pour passer en négatif on a besoin de passer l’image en mode RVB (Image>Mode>RVB), car Gimp ne peut pas inverser la valeur des pixels en mode monochrome (et si il fait je le trouve pas). Ensuite on appliquele filtre Inversion de valeur (Filtre>Couleurs>Inversion de valeur).

On retourne donc à notre image de départ et on refait l’ouverture comme un calque de notre fichier (Fichier>Ouvrir>Ouvrir comme un calque… Ctrl+Alt+O), et on la révèle à nouveau. Mais cette fois, on se concentre sur les ombres, on modifie donc la courbe vers la gauche. Rappel : on peut exagérer le réglage, étant donné que le calque va se retrouver à une opacité de 50%

On créé donc notre nouveau calque de réglage et on lui associe notre masque de luminosité, de la même manière qu’avec le ciel. Sélectionnez toute l’image (Ctrl+A) dans la fenre qui contient notre masque, copier, et coller dans un masque de calque dans notre image de départ. On devrait donc avoir une pile de calque comme ça (ici j’ai baissé un peu plus l’opacité, et n’oubliez pas le mode Valeur) :

Si vous regardez bien, il semble que le ciel s’éclaircisse entre les branches de la végétation. Cet artefact se produit à cause d’un excès de flou gaussien, pour le corriger, on aura besoin de peindre sur le masque de calque.

On sélectionne donc le masque de luminosité et avec l’outil pinceau (cette fois en mode Normal, mais à faible opacité) et on repasse sur les zones où l’on a ce défaut. C’est important de faire attention au résultat, étant donné qu’on peut vite oublier de corriger un défaut, qui se retrouvera sur le papier à la fin.

 

2.4.4- Ajutement de zones sélectionnées à main levée

Après avoir vu tout ça, je suppose que ton ordi et toi doivent être en train de fumer, mais on va simplifier le processus.

Jusque-là, on a réalisé des ajustements sur des zones larges de notre image, comme le ciel, ou des zones d’ombres ou de lumière. On va voir maintenant une méthode de retouche qui est énormément déterminée par le jugement, l’interprétation et la créativité du photographe, car faites sur de petites zones de l’image. Il s’agit de sélectionner ces zones, qui, selon-nous, nécessitent un ajustement particulier. Cette méthode est peu ou prou la même que celle que je viens de décrire, mais à main levée, avec les outils de sélection.

Dans ce cas, on assouplira un peu le procesus de retouche, étant donné que les ajustements que l’on doit faire ne sont pas « extrèmes » comme ceux que l’on a fait précédemment. On se passera donc de Ufraw, et des 16 bits, mais je vous assure que les différences entre les deux résultats (en 8 et 16 bits) ne se remarquent pas. Et puis de toute façon si on trouve le résultats trop moyen, aucun problème, on peut refaire la technique avec Ufraw. Disons qu’utiliser Ufraw pour de petitsajustements comme cela, c’est un peu tuer des mouches à coups de canons…

Je crois que l’ herbe du sol manque un peu de lumière. Avec le lasso, (touche F), je fait une sélection rapide de ma première zone et après avoir activé le masque rapide (Shift+Q), je fait un flou gaussien pour adoucir les frontières entre la zone sélectionnée et le reste, avec un rayon d’environ 100. N’oubliez pas de sortir du masque rapide pour la prochaine étape.

Vous avez sûrement installé le script dont j’ai parlé au début du tuto (capa_ajustes_niveles.scm). Quand on l’exécute, il duplique le calque d’arrière-plan, puis il change le mode de fusion (il détecte si l’image est en couleur ou monochrome et choisi le mode correspondant, respectivement Valeur ou Normal), et enfin il crée un masque de calque avec la sélection puis baisse l’opacité de ce nouveau calque à 50%. J’ai affecter les touches Alt+X au script pour aller encore plus rapidement dans le procesus. Allez, encore un peu, il ne reste plus qu’à ajuster les niveaux de notre nouvelle zone.

Je récapitule les étapes :

  1. Touche F : Sélection libre (Lasso) d’une zone, rapidement et en restant plutôt à l’intérieur de la zone traiter.
  2. Shift+Q : Masque rapide
  3. Alt+B : Flou gaussien. Jevérifie aussi ma seléction pour voir si il y a des petits défauts à corriger.
  4. Shift+Q: Virer le masque rapide
  5. Alt+X: Lancer le script pour créer le calque d’ajustement (attention, il faut avoir sélectionner l’image d’un calque, et non son masque, sinon on aura une belle erreur).
  6. Alt+N: On ajuste les niveaux. On revient ensuite au point 1 pour ajuster une autre zone.

Quand on connait mieux la quantité de flou que l’on doit appliquer pour chaque zone, et si on pense qu’on peut se passer de la souplesse du masque rapide, on peut encore plus simplifier la méthode, en utilisant l’adoucissement de l’outil lasso :

  1. Touche F : Sélection libre d’une zone, avec l’adouccissment qui convient
  2. Alt+X : Le script pour créer la calque d’ajustement
  3. Alt+N : On ajuste alors les niveaux et on revient au point 1 pour une nouvelle zone.

A ce stade, on devrait avoir une pile de calque de ce type :

On ajuste ensuite les niveaux comme on a vu. Si vous regardez bien, il y a deux façons de voir l’histogramme dans l’outil Niveaux (linéaire et logarythmique). J Personnellment, je préfère la logarythmique parce qu’elle amplifie le début et la fin de l’histogramme, et on peut faire ainsi moins d’erreur de réglage (on aura moins tendance à avoir des ombres bouchées ou des lumières cramées).

Bon, a partir d’ici c’est comme coudre et chanter (NdT: traduction littérale, mais elle a son charme). On sélectionne notre seconde zone qui correspond à la bande que forment les chevaux. Comme vous pouvez voir, je m’embête pas à sélectionner les chevaux de manière fine et déatillée, étant donné que cela donnerait un sensation d’irréalité. Ceci est sûrement dû au fait que nos yeux s’adaptent en cas de luminosité différentes par zones larges, et non pas en détaillant branche par branche.

Même opération que pour la zone I, on exécute le script (Alt+X) :

On ajuste les niveaux pour la zone II. A cette étape, mon ordinateur souffle comme une vache, je suis à la limite. Ayez de la patience, sinon vous pourriez bloquer totalement l’appareil et on perdrais tout le travail. Et je le dis par expérience, faites attention….

Allons maintenant à la zone III : La végétation du fond est un peu blanchâtre à cause du brouillard et la petite pluie qu’il tombait, c’est pourquoi je la modfierai pour avoir un peu plus de noirs, qu’elle soit plus nette :

On exécute encore le script (Alt+X), et le ventilo de mon ordi semble être vraiment pressé… Vous la sentez cette odeur de brûlé ?

On ajuste les niveaux de la zone III

On sélectionne la IV et dernière zone. Je trouve que la grande tache sombre dans la végétation attire beaucoup l’attention, et bien qu’on l’ait déjà beaucoup amélioré avec le masque de luminosité, je crois qu’on pourrait remettre une petit couche. Je vais essayer, mais j’ait l’impression que je n’ait pas beaucoup d’information. Je pourrait essayer avec Ufraw, avec la même méthode que pour le ciel, mais je viens de me rappeller que j’en ait déjà fait une pour déboucher les ombres avec le masque de luminosité, et je vait donc l’utiliser pour mes buissons. Je duplique le calque du masque de luminosité, je lui efface son masque de calque et j’en créé un nouveau à partir de ma sélection.

Dans ce cas, pour faire ressortir l’ombre, je garde l’opacité du calque à 100% et j’ajuste les niveaux pour l’ améliorer encore un peu plus . Gardez en tête qu’on part d’une iamge qui a une plus grande information que sur notre image originale.

Je me suis rendu compte que la végétation autour de cette ombre est anormalement brillante. Je corrige donc le masque de luminosité qui affecte cette région pour enlever l’artefact.

Ouf… on termine, et je suis fatigué, non pas par l’image que je viens de traiter, mais surtout par tout ce que j’ai écris….

En tout cas j’espère que si ton ordinateur est arrivé jusqu’ici, ce n’ait pas été trop lourdingue….

On doit jeter un dernier coup d’oeil à notre image et regarder si une de nos calques a besoin d’un changement d’opacité, au cas où on trouverait cela nécessaire.

Il ne reste donc plus qu’à aplatir l’image, en allant dans le menu Image et en choisisssant aplatir l’Image.

J’ai repéré une petite zone du ciel qui attire inutilement l’attention, parce qu’elle est cramée et contraste avec le reste du ciel. Un petit coup de l’outil Clone (touche C) et il n’en paraitra plus.

Pour terminer on change l’echelle de l’image pour l’impression, et on applique un peu de netteté.

Comparaison des deux images

J’espère que je ne vous ait pas perdu en chemin, ça a été long, mais il ne reste plus qu’à comparer les résultats entre une image traitée sans les zones et une autre traitée avec ce tuto. Si tu navigues avec Firefox, tu peux cliquer sur les images avec le bouton central (la roulette) pour ouvrir les images dans des onglets différents. En passant de l’un à l’autre, on peut alors comparer plus facilement.

  • Sans traitement par zones :

  • Avec traitement par zones

Si tu pense que ça a valu la peine de lire ce tuto, alors ça aura valut le coup de l’écrire, et j’aurais réussi dans mon but de faire apprendre ce que je découvre peu à peu. Pareil, j’attends vos commentaires sur le forum de Fotolibre, parce que personne n’est parfait, et je suis sûr qu’il y a des erreurs, des fautes, et… ou même mieux, si tu as quelque chose à apporter pour améliorer la recette.


 

4 Réactions à 'Traitement par zones en 16 bits, avec Gimp et Ufraw'



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  1. merci de m’avoir fait gagner tout ce temps et surtout très étonné de ne pas voir plus de réactions pour tout ce travail

    gilles

    6 déc 12 at 16:52

     

  2. Génial !
    Merci pour tout ce travail, ce tuto est très détaillé et extrêmement bien fait.

    Beuz

    13 août 13 at 23:42

     

  3. Merci beaucoup pour ce tuto, il est très bien fait, à part quelques fautes de frappes sur la fin (fatigue oblige) il est parfait.

    Merci beaucoup pour ce beau travail fourni!

    GDF

    Graindefolie

    16 mai 14 at 12:38

     

  4. Merci pour cet article détaillé et instructif. J’ai beaucoup appris…

    Bonne continuation :)

    Madraf

    26 mai 14 at 21:16

     

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