Changer les couleurs d’une photo

Si vous retouchez depuis un bout de temps vos photos, on vous a sûrement déjà conseiller d’utiliser l’outil Teinte-Saturation pour changer globalement les couleurs de vos images. Soit, mais cet outil a un gros défaut : il est très simple d’utilisation, et ne laisse que peu de marge de maneuvre pour avoir des réglages plus fins.

C’est là qu’intervient le filtre Rotation de la carte des couleurs, qui lui permet de faire globalement la même maneuvre, mais de manière plus fine.

I – Introduction et utilisation

Le plug-in à l’air très compliqué à utiliser en soit, mais rassurez-vous, on ne s’ocuppera que des deux disques de couleur (cercles colorimétriques). Le reste des réglages permet de faire des ajustements encore plus précis, mais tout reste faisaible à la main, en déplaçant les cadrans des cercles. De toute façon on ne recherche pas un reglage extrèmement précis, mais surtout un résultat qui soit agréable à l’oeil.

Pour commencer, on va l’utiliser de manière simple, pour bien comprendre le fonctionnement.

Cliquez sur le bouton Tout sélectionner du haut, puis réduisez l’angle comme on voit sur le cercle colorimétrique d’en bas. Le résultat ? Une image dans le tons marrons. Déplaçons l’angle du bas vers les bleus et regardons le résultat.

Comme on pouvait le prévoir, l’image est alors colorée en bleu (wow). Mais techniquement, que s’est il passé ?

Vous savez sûrement que chaque pixel de l’image est défini par trois valeurs : le rouge, le bleu et le vert (espace RGB). Cela dit, il existe aussi d’autres manières de donner la couleur exacte d’un pixel, l’espace CMYK (pareil, mais avec Cyan Magenta Jaune Noir), l’espace LAB, parmis beaucoup d’autres. Et parmis ces autres, on a le TSV : Teinte Saturation Valeur.

TSV ? Hu ? Ne faites pas cette tête-là, parce que vous l’avez sûrement déjà croisé.

La couleur est ainsi donnée par trois valeurs.

La teinte, qui correspond à une valeur du spectre, de 0 à 255 (sur le dessin, réparties de haut, 0 en bas, 255).

La saturation, qui marque si une couleur sera pétante, vive (saturation élevée), ou sinon tristounette, presque grise (faible saturation) toujours de 0 à 255.

Et la valeur, qui ajuste la clarté de la couleur, depuis le 0 noir, jusqu’à 255 (blanc). J’en avait déjà parlé dans un précédent article (à vous de le trouver).

Lorsqu’on « tourne »en bordure du cercle colorimétrique dans le greffon, on parcours ainsi toutes les valeurs possibles de teinte. Et en définissant l’angle, on sélectionne ainsi tous les pixels qui on une teinte comprise entre les deux aiguilles pour ensuite changer leur couleur. Dans notre exemple, on a tout sélectionné, donc on a appliqué la modification sur tous les pixels de l’image.

En donnant un petit angle à la sortie, le filtre prend tous les pixels et fait en sorte qu’ils aient tous des couleurs contenues entre les deux aiguilles de l’angle.

Bon, revenons-en à notre image, on a donc changé la couleur globale de l’image, un peu comme on l’aurait fait avec l’outil colorier.

II – Utilisation (un peu plus) avancée

Bon, bien, jusque là on a réussi à avoir un résultat pas mal, mais on a pas exploité le gros intérêt du greffon : la « sélectivité ».

Cett fois-ci on va sélectionner uniquement une portion de couleur, et non tous les pixels. On changera d’image aussi, parce que la dernière s’y prête pas trop (des explications plus bas).

(Jeu! Retrouve le nom des boutons en français)

Problème : Le filtre nous a fait quelques défauts (quelques explications plus bas). Un petit coup de gomme pour faire apparaître notre calque d’arrière-plan (aux couleurs non modifiées) et il n’y paraitra plus.

Au final, on devrait avoir ça (avant/après) :

Un autre exemple (avant/après) :

III – Limites du greffon

Bon c’est bien beau tout cela, mais alors à l’utilisation vous aurez sûrement quelque chose comme cela dans certains cas :

Et c’est là le principal problème du plug-in… Quand un pixel est en dehors de la plage de couleur sélectionnée, il s’arrète. Point. Il ne fait pas un petit dégradé avec l’effet qui s’atténue pour que ça soit plus joli. Du coup, on se retrouve avec des bordures tranchées comme des barbares (qui ne va pas sans rappeler l’outil Seuil).

Du coup, cela limite l’utilisation à certaines images où le sujet et la couleur que l’on veut changer ont une couleur très différente, et/ou que les limites soient nettes et pas faites de jolis dégradés comme les pétales de la glycine (photo). Gros défaut, auquel je n’ai (toujours?) pas trouvé de remède. A noter aussi que la manip’ produit beacoup de bruit sur l’image, mais ce n’est pas dû au greffon, c’est surtout que c’est une modification assez brutale sur une image.

Un autre petit travers du greffon : il ne sauvegarde pas les paramètres d’une utilisation sur l’autre, moyennement pratique pour un ajustement. Vais voir à faire un rapport de bug.

Mais bon, comme ça vous aurez sûrement appris à vous servir d’un nouvel outil, qui vous resservira certainement un jour où l’autre.

Et puis pour le mot de la fin, pour ceux qui dirait « Oui mais on peut aussi le faire avec l’outil teinte et rajouter un masque ». Oui, d’accord, il y a bien sûr une infinité de manières d’arriver à ses fins, mais dans certains cas celle-ci est plus pratique. La retouche, c’est comme la politique les vacances, moins t’en fait mieux tu te portes !

    

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